• Sarah Ben Ali

5 raisons pour revisiter les films de Sean Penn



Sean Penn est pour beaucoup d’entre nous un go-to quand on a épuisé notre stock de Clint-Eastwood, de De Palma ou d’Al Pacino. Parce que Sean Penn nous a offert de grands moments de cinéma, devant l’objectif, mais aussi derrière. Pour une soirée américaine nostalgique, voici notre sélection des 5 films à voir du réalisateur de « Pledge ».


Pour une soirée larmoyante : “I am Sam” de Jessie Nelson

On ne peut qu’avoir les larmes aux yeux devant la performance magistrale de Sean Penn incarnant le père célibataire de Lucy, qui se voit retirer sa garde à cause de sa déficience mentale. Mais si les capacités intellectuelles de Sam sont limitées, son amour inconditionnel pour sa fille et son engagement pour lui offrir la meilleure éducation transforme ce film en un plaidoyer pour la différence. Un film qui interroge la parentalité, et les critères pour être un bon père au regard de la société. Sean Penn y partage la vedette avec Michel Pfeiffer et donne la réplique à Dakota Fanning toujours aussi vive et futée.


Pour une soirée engagée : "Mystic River" de Clint Eastwood

Ceci n’est pas un film, c’est un monument ! Comme d’habitude, Clint –pour les intimes- nous livre une histoire intense qu’on vit dans le malaise du silence et dans cette ambiance sombre et lourde narrant un crime. On est en 1975, trois amis d’enfance assistent à l’enlèvement de l’un des leurs, Dave, qui s’échappe de ses ravisseurs… après avoir été violé pendant quatre jours. 25 ans plus tard, les trois amis se retrouvent désormais dans des circonstances aussi sombres : l’une de leur fille a été assassinée et le père soupçonne son ancien acolyte. On se retrouve en présence de personnages habités par leur passé. Le jeu d’acteur a atteint un niveau de justesse et de sincérité impressionnant. Et longtemps après le visionnage, on repense à la pédophilie et la vengeance avec la rage aux tripes. . . à éviter si vous avez été victime d’agression sexuelle.



Pour une soirée Pride : “Harvey milk" de Gus Van Sant

Harvey Milk est une réflexion sur la mise à la marge de toute la communauté gay de San Francisco dans les années 1970 et la lutte de Havery Milk -personnage réel-, pour faire de la politique tout en assumant ouvertement son orientation sexuelle. Un long métrage poignant sur l’exclusion et la dynamique de groupe dans la lutter pour les droits des minorités. "Harvey Milk" n’est pas seulement l’histoire tragique d’un crime de haine, c’est à la fois le récit d’un amour, d’une amitié et d’une lutte. On en viendrait à apprécier le jeu de James Franco –qu’on trouve d’habitude grossier – tellement les dialogues étaient au point sans oublier notre Sean Penn, dans la peau d’Harvey, qui était au summum de son art.


"On dit que nous perdons tous 21 grammes au moment précis de notre mort... Le poids de cinq pièces de monnaie. Le poids d'une barre de chocolat. Le poids d'un colibri. 21 grammes. Est-ce le poids de notre âme ? Est-ce le poids de la vie ? "


Pour une soirée méditation : "21 grammes" de Alejandro González Iñárritu

Et non ! ce n’est pas un film sur la drogue comme il est suggéré dans le titre… Pour ça, vous irez voir "Blow" de Ted Demme. "21 Grammes" nous livre le destin de trois personnes qui n’ont aucun lien apparent entre elles – à part un accident de circulation- , avec la mort en toile de fond, la culpabilité et la rédemption au cœur d’un questionnement moral et une structure chronologique éclatée qu’on a longtemps reprochée au réalisateur de "Babel". Et oui, vous allez pleurer comme une madeleine face à un Sean Penn fatigué qui parvient à être transplanté d’un cœur. Mais la mort est là, elle est têtue et elle finira par avoir gain de cause. Mais n’oublions pas que Alejandro González Iñárritu a des obsessions et que la filiation ou plutôt la perte d’un enfant est un thème central dans son œuvre. Ce film ne fera pas exception et cette question sera, par ailleurs, abordée à travers l’axe de Christina, magistralement interprétée par Naomi Watts.


Pour une soirée philosophique : "Into The Wild" de Sean Penn

Si vous n’avez toujours pas vu ce long métrage, et bien il n’est jamais trop tard pour découvrir le quatrième long métrage de notre acteur fétiche. ET COGITER. Parce que Sean Penn, réalisateur, est le Hermann Hesse du cinéma… et on voyait déjà, à ses débuts dans "Indian Runner", les prémices de cette quête de sens constante qu’on retrouve dans ses réalisations.

Dans "Into the wild", on suivra Alexandre Supertramps, un jeune homme brillant et fraichement diplomé, qui décide de tout plaquer pour partir en Alaska, dans un rejet total de la société. De quoi raviver le brin de rébellion dans l’esprit des spectateurs. Ce film est une révolte avec - en toile de fond- une bande Son signée Eddie Vedder, bercée par des citations de grands auteurs comme Lord Byron ou David Henry Thoreau. Un film initiatique.


Sarah Ben Ali

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