• Sarah Ben Ali

CARNIVAL ROW : LE BIDE D'AMAZON PRIME

Sur la plate-forme amazon prime depuis le 30 août dernier, Carnaval Row s'impose comme un mélange de genres ou plutôt de déjà-vu de nombreuses productions audiovisuelles qu'on a aimées dans le passé. Chargée de références de la pop culture, on y reconnaît des airs de Picky Blinder, du Trône de Fer et de Twilight.

L'univers féérique de princesse cucul la praline y rencontre le gore, le noir, le thriller, avec un arrière goût d'engagement...Mais la mayonnaise ne prend pas.

L'esthétisme de la série est alléchant, transcendant le temps et l'espace pour nous offrir un monde où on mélange le victorien avec les techniques de communication des années folles. Une manière d'aborder des questions de société contemporaines sans tomber dans l'évident.

Si le renvoie à des figures mythologiques comme les satyres, les loups garou ou les fées est le point fort de cette production, le projet manque affreusement de subtilité : on y rencontre une fée qui tombe amoureuse d'un humain en temps de guerre. Et puis un jour, le beau blanc de la ville florissante de Burgue disparaît en faisant croire à son décès.

La jeune vignette tristement interpretée par le top model Cara Delevigne va devoir s'exiler de son pays, 7 ans plus tard, suite à la persécution de son peuple par Le Pacte. Elle ira à Burgue en espérant y trouver refuge. Elle y sera réduite en esclavage.

Dans carnaval Row, Cara delevigne donne la réplique à un Orlando Bloom défraîchi. Jouant un batard à son tour, il imite désespérément le personnage de Jon snow dans le trône de fer... Et c'était épuisant de le regarder se débattre avec son personnage morne et fade.

Quant au décor, rien à dire ! On n'hésitera pas à féliciter l'équipe technique. Les évènements se passent à Burgue, une ville à l'image des cités occidentales du 18éme siècle où les burgois ne font pas Bon ménage avec les nouveaux arrivants. Le quartier de Carnival Row, fait office de ghetto pour les mal-aimés de la cité, ces étrangers aux allures de montres et aux pouvoirs surnaturels élisent domicile à la marge du monde. Une immense allégorie de l'ére Trump où le refus de l'autre devient la prière du soir. On y dénonce une époque où les passeurs exploitent l'instinct de survie d'un peuple pour l'embarquer dans un endroit où le rêve n'est que désillusion.

Si la série cumule des bides, c'était visiblement à cause du scénario qui n'a pas assez mûri dans les tiroirs de son créateur Travis Beacham.

On se doute qu'il soit difficile en 2019 de produire des histoires engagées pivotant au tour de l'immigration et la xénophobie sans tomber dans le grossier et la facilité. Amazon prime a voulu célébrer la différence en moralisant les xénophobes. Tentative avortée.

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